Le tram perce les secrets du passé
Le chantier du tramway a permis à une équipe d'archéologues de faire des découvertes passionnantes sur l'histoire de Dijon. Deux fouilles, l'une place de la République et l'autre boulevard de la Trémouille, ont révélé comment la ville s'était urbanisée à la fin du Moyen Âge.
Dans chaque ville qui construit son tramway, la procédure est la même. En cas de suspicion de vestiges sous le tracé, la loi du 17 janvier 2001 prévoit que des fouilles archéologiques puissent être effectuées avant les travaux.
À Dijon, le chantier du tramway semblait d'autant plus prometteur que la voie longe, dans le secteur du centre-ville, le tracé des remparts de l'ancienne enceinte, dont les premières traces remontent au XIIe siècle. « Les premières représentations datent de l'époque moderne, entre le XVIe et le XVIIIe siècle, précise Benjamin Saint-Jean Vitus, responsable des opérations. Mais entre une image et la réalité, les fouilles nous réservent souvent des surprises.»
Les principaux creusements ont eu lieu d'août à décembre 2010, particulèrement place de la République et boulevard de la Trémouille. Les découvertes ont été fructueuses pour les archéologues et historiens.
L'enceinte de la fin du Moyen Âge
Construite à partir du XIIe siècle, elle a fait l'objet de multiples remaniements, avant d'être détruite progressivement au cours du XIXe siècle. Son tracé est à l'origine de la ceinture de boulevards et de places du centre-ville actuel, notamment l'axe République-Darcy.
Sous le boulevard de la Trémouille, la Tour aux ânes
Les fouilles réalisées boulevard de la Trémouille ont révélé l'existence de la Tour aux ânes et du Pont aux ânes, datant vraisemblablement du XIVe siècle. Cet ouvrage franchissait deux bras du Suzon, la petite rivière qui traversait Dijon, par un système de deux arches en pierre de taille. L'une d'elles a été en partie dégagée à la fouille. Le pont était peut-être emprunté par les ânes qui apportaient le grain aux moulins de la ville, d'où son nom.
Sous la place de la République, le faubourg Saint-Nicolas
Avec les vestiges du bastion militaire et de sa porte, datant du XVIe siècle, les archéologues ont retrouvé des restes du faubourg Saint-Nicolas datant de la fin du Moyen Âge : les murs de bâtiments du XIVe siècle ou encore une large voirie avec ses ornières, c'est-à-dire les traces du passage des charettes.
|
La revue Archéologia a consacré un article dans son numéro de septembre sur les fouilles du tram |
| En savoir + : |
|
|










